Trois chambres, un nouveau départ

Reprendre sa vie en main après avoir pataugé dans les méandres de son existence. Plus facile à dire qu’à faire surtout lorsqu’une crise du logement, qui sévit depuis des mois, complexifie la quête d’un nouveau toit afin de repartir du bon pied. À l’Auberge sous mon toit (ASMT), on pourrait bien avoir trouvé la solution pour donner un coup de pouce à ses hommes prêts à voler de leurs propres ailes avec la mise sur pied d’une maison de chambres supervisée.

Dans les cartons de l’ASMT depuis des lunes, le projet d’offrir un logement alternatif à des hommes en situation de réinsertion sociale verra finalement le jour dès septembre prochain. Grâce à une aide financière de 35 000 $ offerte par Desjardins, trois chambres seront offertes à des locataires pour une période de six mois à un coût abordable (entre 400 $ et 500 $ par mois).

La particularité de cette maison de chambres? Ces résidents seront d’anciens usagers de l’Auberge parés à passer au prochain échelon dans leur vie au quotidien avec un minimum de supervision.

«Ce qu’on a pu aller chercher chez Desjardins, c’est du soutien pour le post-hébergement. Pour moi, c’est le lien qu’on garde avec nos gars une fois qu’ils sont partis de l’Auberge. On est convaincu que ça va réduire la pression sur les autres organisations et permettre de limiter les risques de rechute en plus de briser l’isolement», exprime le directeur général de l’Auberge sous mon toit, Frédéric Bonner.

Propriété de l’Auberge depuis déjà quelques années, le duplex, qui accueillera les colocataires, se trouve à proximité des installations de l’organisme.

Outre la participation de Desjardins, la Ville de Granby alloue également une somme de 45 000 $. Ce montant servira, entre autres, à défrayer le salaire du personnel d’intervention attitré à ce projet post-hébergement.

Une transition

Et n’entrera pas qui veut dans cet espace de vie supervisé. Les ex-usagers de l’Auberge devront se soumettre à un processus de sélection avant de pouvoir déposer leurs valises dans l’une des trois chambres. Prendre soin des lieux, respecter des règles de vie, s’acclimater à la cohabitation, organiser son budget, faire ses courses et cuisiner. Les futurs résidents de la maison de chambres auront un contrat à honorer.

«Nos locataires viendront de chez nous. Personne ne pourra venir cogner à notre porte pour demander une chambre», précise Isabelle Plante, coordonnatrice clinique à l’Auberge sous mon toit. Pour l’intervenante, cette nouvelle ressource se veut un outil de plus pour mieux soutenir ces hommes. «Quand j’ai commencé à travailler ici, les gars se trouvaient une chambre à 350 $ (par mois) en claquant des doigts. Aujourd’hui, une chambre à 350 $, ça n’existe plus.»

Mais au-delà d’un toit où dormir, les locataires «en transition» devront également avoir un plan de match afin d’intégrer le vrai marché locatif. «En étant ici, et ça sera non-négociable, tu devras être à la recherche d’un logement. Tu ne pourras pas rester ici pour profiter d’une chambre (…). La personne devra démontrer qu’elle a acquis ce qu’il faut pour se retrouver dans un vrai logement», laisse entendre la coordonnatrice clinique.

En place depuis plus de 50 ans dans la collectivité granbyenne, l’Auberge sous mon toit accompagne des hommes en difficulté situationnelle, sans domicile fixe ou contrevenants par l’entremise de son service d’hébergement et d’encadrement.

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